IRC, quelques clés pour comprendre...

Publié le par On the roX

 

i56_1331051114.jpg

Cet article n'a pas la prétention de dévoiler tous les secrets de la jauge IRC (je ne les connais pas) mais de livrer quelques élements de réflexion sur son fonctionnement et sur la façon dont elle influe sur les choix possibles pour un propriétaire.


Le choix des voiles et de leur configuration est un exercice à la fois subtil et difficile pour le skipper qui coure en IRC (International Rule Club), car les paramètres pris en compte pour le calcul du fameux "TCC" (Time Correction Coefficient) sont nombreux et influent différemment sur l'augmentation ou la baisse du coefficient du bateau.

Le rôle du voilier est essentiel pour tenter d'estimer le futur TCC en dessinant la nouvelle voile

Cette jauge IRC est une "boite noire" connue de la seule UNCL (Union Nationale pour la Course au Large) qui en est le dépositaire pour la France, ce qui signifie que les détails du calcul ne sont pas connus du propriétaire quand il reçoit son nouveau certificat.

Le certificat doit être revalidé chaque année auprès de l'UNCL en indiquant les modifs par rapport au précédent.

Le coefficient attribué sert de multiplicateur au temps réel pour obtenir le temps compensé, il est calculé par 1000ème et donc un écart de 1/1000ème entre 2 bateaux équivaut à 3,6 secondes par heure, 10 millièmes = 36 secondes et ainsi de suite.

Le "jeu consiste donc à avoir le TCC le plus bas possible et le bateau le plus rapide possible, or on a bien compris que pour aller vite la surface est quand même assez déterminante, donc jusqu'a quel point faut-il diminuer sa surface de voilure ? voila bien l'équation, mais pas la seule !

En effet d'autres paramètres entrent en ligne de compte, voici les principaux :

  • Poids du bateau
  • Longueur à la flottaison, hors-tout
  • Longueur du tangon, dépassement étrave
  • Tirant d'eau, forme du lest
  • Age du bateau

A l'origine, le X332 a été conçu pour naviguer avec un génois à 150% (environ 33m2, gros recouvrement), et il navigue aujourd'hui avec un petit génois "code 2" de 25m2, soit 8m2 de moins, sans recouvrement (devant les barres de flèche).

- Avantages : meilleur cap (point de tire plus rentré), virements plus rapide, meilleur travail de la GV qui n'est pas soufflée par le génois et gagne donc en propulsion plus longtemps.

- Inconvénients : moins de puissance en sortie de virement = relance plus lente, débridé plus mou et surtout plus de difficultés à bien passer dans le clapot

Cette "mode" des petits triangles avant a été "imposée" par l'IRC qui pénalise lourdement le recouvrement.

Du coup, les propriétaires choisissent parfois de disposer d'un code 0 (sorte de gennaker très plat) qui compense partiellement la diminution du génois sur des angles entre 45 et 65° du vent, au débridé et redonne la puissance perdue à l'avant.

L'étroitesse de la plage d'utilisation et le peu d'occasions de l'utiliser font du code 0 une voile assez peu utile, en tout cas pas essentielle dans la garde-robe du bateau.

  Aujourd'hui les spis ont gagné en surface, aidés en cela par la jauge qui les pénalise peu, les bateaux  y gagnent beaucoup en rapidité au portant, surtout dans le petit temps ou le moindre  m2 supplémentaire est précieux.

S'agissant de la grand-voile la tendance est à la diminution de surface (guindant, bordure), le rond de chute est asez pénalisé, mais attention à ne pas couper les ailes de nos jolis bateaux.

Le X 332 Sport "Bateaux mouche du pont de l'Alma" a joué à fond cette carte de la réduction pendant plusieurs années (2010 = 0,977, 2011 = 0,981) soit sensiblement le TCC d'un X 332 standard, avec de nombreux succès à la clé : plusieurs Spi OF, Fastnet...etc, excusez du peu !

Petit historique du TCC d'On the roX :

  • certificat IRC en 2006 : TCC= 1,000
  • certificat : 2010 : TCC = 0,994
  • certificat : 2011 : TCC= 0,989
  • certificat 2012: TCC = 0,990 (estimé)

Alors, que c'est-il passé pour que ce TCC baisse de 2006 à 2011 ?

D'une part les voiles d'avant ont rétréci, c'est à dire que la plus grande voile d'avant utilisée en course (et donc déclarée comme telle) a vu sa surface baisser :

2006 = génois 150% (33m2)

2010 = inter 130% (30m2)

2011 = code 2 108% (25m2), sans recouvrement

Par contre en 2011 toujours, le spi max est passé de 74 à 85m2 (+11m2).

On peut comprendre que le facteur surface des voiles influe favorablement quand celle-çi diminue, mais en 2011, ça a augmenté de 6m2 (+11-5), et le TCC a baissé..?

 

Oui, en fait l'appréciation de la surface n'est pas identique selon la voile concernée et un autre facteur entre en ligne : l'allégeance d'age qui reduit le TCC au fur et a mesure que le bateau prend de la bouteille.

En 2012, OTR vient de se voir équipé d'une magnifique nouvelle GV(Technique voile) (photo de cet article)en D4, comme le code 2, (film/film, aramide/carbon), aux cotes max, que ce soit en bordure ou guindant, avec un peu plus de rond de chute.

La 1ère sortie de cette GV laisse augurer une meilleure vitesse et un meilleur cap, attendons maintenant de voir comment ou plutôt combien va prendre le TCC d'On the roX qui courra cette année en IRC3 avec les A31, JPK 9,60 et 10,10, et autres Sun fast 3200, qui, pour la majorité d'entre-eux ont un TCC supérieur à celui d'OTR (de 2 à 10 millièmes, soit 7 à 36 secondes par heure !).

Une fois qu'on a dit ça, on est loin d'avoir fait le tour de la question, car on pourrait disserter sur les artifices qui permettent de jouer sur certains paramètres (longueur à la flottaison, en déplaçant le centre de gravité du bateau...etc), mais voila au moins 2 ou 3 idées pour commencer à appréhender le sujet, complexe s'il en est...

Moralité : il y a des fois ou on se dit que la monotypie c'est génial !

Dernières nouvelles : On the roX a un TCC de 0,988 pour 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Technique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article